Ne vous renseignez pas sur l’index de vos partenaires de golf

C’était un samedi matin au golf de l’Ile Fleurie, sur l’ile de Chatou, autrement appelée l’ile des impressionnistes, à l’ouest de Paris.

Je suis accoudé au bar, enfin pas avec un petit blanc à la main et l’haleine chargée de si bonne heure, je veux dire que je me tiens à l’accueil en attendant ma carte de score pour ma lancer dans ma partie de classement. Quand même… J’ai un départ programmé à 8h40 cette fois, un peu plus tôt que précédemment au vu de mon classement baissant petit à petit.

Un jeune adolescent affirmé rentre dans la pièce avec sa mère. Après un bonjour furtif à la cantonade pas très bien réveillée, la graine de champion (inscrit en golf études) s’enquiert des index respectifs de ses partenaires de golf du jour. Il exprime clairement sa satisfaction de savoir qu’il est sur le papier le meilleur des trois en lice.

– « Pourquoi veux-tu absolument connaître l’index de tes partenaires ? » lui demande-je en souriant, comme pour lui faire comprendre qu’à mes yeux cela n’a aucune importance.
– « Je joue différemment quand j’ai de meilleurs joueurs que moi. C’est stratégique ! ET puis quand ce sont des mauvais genre 25 ça me saoule on traine… »
– « Ah… Mais en l’occurrence ce n’est pas du match play pourquoi y attaches-tu autant d’importance ? »
– « ça me déconcentre c’est tout. C’est pas bon pour le mental. »
– « Ils sont tellement à fond dans la compétition dans leur golf études », s’empresse d’ajouter la mère qui cherche à protéger son poussin excité, qui pourrait trop partir dans les tours et rater sa partie. J’imagine les dommages collatéraux à la maison en termes d’ambiance…
Puis l’ado sort d’un air de penser « je suis un pro, je golfe toute la journée j’ai un mental de battant tu ne peux pas comprendre… »

Le mental en golf, c’est d’abord de rester maître de son jeu

En fait, je comprends très bien une chose fondamentale, que lui n’a pas encore comprise : le golf est une sport individuel, que l’on joue en même temps que ses partenaires mais avec soi-même et contre soi-même. Et tout ce qui peut nous faire sortir de cette équation basique ne nous sert pas : l’environnement extérieur comme intérieur.

A nous de rester concentrer sur les seules pensées qui poussent à la réalisation de notre objectif : placer la balle dans les meilleures conditions pour qu’elle arrive dans le trou en moins de coups possibles. Simple dit comme ça n’est-ce pas ? 🙂

Le reste n’est que « parasitage » si je puis dire : le jeu des partenaires, le climat, les pensées parasites, la soirée arrosée de la veille, etc.

En quoi le jeu de son partenaire devrait-il influencer notre propre jeu ?
Il joue mieux que moi ? Et alors, suis-je venu pour battre cet inconnu, améliorer mon index, faire un score, m’amuser ? En quoi ses bons coups devraient-ils changer mon jeu, mon approche, mon mental ?

Je pense que cet écueil dégrade notre capacité à rester concentré, dans sa bulle, dans sa zone. Notre stratégie est-elle fonction des autres ? Ce qui signifierait qu’à chaque nouveau partenaire on devrait adapter sa stratégie ? En match play peut-être. Et encore… Mais en partie « normale » ? Pas de sens.

Être acteur de son propre jeu de golf

Il nous revient au contraire de percevoir et de mettre à profit les éléments extérieurs qui pourraient uniquement nous servir pour notre performance ou notre plaisir de jouer. Ne pas regarder un joueur pour faire pareil ou le contraire s’il rate son coup, mais plutôt pour recueillir les informations qui nous manquent et qui viennent de nous être servies sur un plateau : vent (force, direction), pièges qu’on n’avait pas vus (nature du rough, du sable, trous du fairway, distance trompeuse…).

Du reste, l’énergie se communique. Attention donc à l’influence néfaste d’un mauvais état d’esprit, d’un mauvais karma… Autant s’en éloigner. Et pour cela rien de tel que de se concentrer sur SON golf. SON système de jeu. SA stratégie. SON plaisir. SON Mental. SA cible.

Se renseigner sur l’index de ses partenaire n’a pas vraiment d’importance en compétition de classement : cela ne nous apporte rien pour mieux jouer. En plus, les joueurs de classement proches sont regroupés dans une même partie pour fluidifier les flux de joueurs et faire en sorte que les parties ne ralentissent pas ou ne soient pas gâchées par des différences de niveau de jeu trop importantes.

Et puis qui n’a jamais joué une fois bien en-dessous de son index, ou le plus souvent moins bien ?
Penser à l’index des autres partenaires, c’est aussi comme dire aux moins bons « regardez comme je suis bon » et aux meilleurs « attends un peu  de voir de quel fer je me chauffe » pour les plus guerriers ou « respect je ne suis que index x ». Des manières en réalité de sortir de son schéma et d’entrer dans le jeu de l’autre.

En tout cas c’est comme cela que je le vois. En fait, je ne vois aucun intérêt à connaître l’index de l’autre. Aucun. Que des fausses excuses pour éviter de se retrouver avec soi-même, avec sa cible, avec ses opportunités de se connecter avec l’essence même du golf : la nature et soi dans ce cadre idyllique.

Je sais que cette vision est quelque peu « psycho », ou « intello », ou « développement personnel » comme certains ont pu me dire. Et j’assume complètement cette vision. Mais je joue en effet au golf pour un plaisir unique : celui qui me donne l’occasion de me confronter à moi-même, à me défier en permanence, pour apprendre à lâcher prise dans les épreuves, à rester focus dans les moments d’intense concentration, de ressenti dans les instants de contemplation.

C’est quand l’esprit est en phase avec le corps, tous les droits alignés en soi vers un seul et même objectif, que la performance et le plaisir sont au rendez-vous. Comme par hasard. Et les autres n’y feront rien. Ni leur jeu ni leur état d’esprit…

C’est comme pour mon propre index. Pourquoi alors en ai-je fait un objectif et un défi ? Bonne question ! Merci de l’avoir posée ! 😉
Le défi Scratch n’est pas un défi centré sur l’index, contrairement à ce beaucoup ont cru. L’index n’est que le symbole du défi personnel que je me suis lancé, comme d’autres avant moi. Atteindre ce niveau zéro force à m’organiser, à séquencer, à me donner les moyens pour avancer, progresser, me préparer aux paliers de non progression, aux murs, aux épreuves, aux déceptions, aux remise en question, aux reculs pour mieux sauter… Et à faire en sorte que potentiel et réalité se recoupent un jour. Savoir de quoi je suis capable, dans de nombreux compartiments du jeu comme de la personnalité.

Regarder l’index des autres, c’est perdre de vue ce pour quoi je joue au golf. Je ne demande jamais l’index des autres. Et parfois quand on me demande le mien, je donne celui que je vais atteindre : zéro ! 😉

Juste pour voir le visage en face de moi ! Et ça ça vaut le coup d’oeil ! LOL

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Jérôme Marczak s'est pris de passion pour le golf il y a quelques années. Après une pratique en dilettante et entrecoupée de blessures dues à d'autres sports, il s'oriente depuis 2016 vers le golf de manière exclusive. Fort de son expertise en communication écrite (formé au journalisme et à la communication et comptant 15 ans d'expérience dans le privé, le public et en tant que consultant indépendant), Jérôme Marczak associe l'écriture et le golf dan ce blog pour proposer une vision unique d'un blog de golf : un amateur parmi tant d'autres qui partage sa passion, ses progrès, ses erreurs, ses expérimentations mentales, techniques... Il souhaite avant tout partager sa passion du golf avec les milliers d'autres pratiquants qui s'y mettent eux-aussi en grand nombre ces dernières années et qui tentent de progresser dans ce jeu technique, précis, ludique et tellement enrichissant ! Avec simplicité, humour, envie, et passion. Merci de lire ce blog et de participer à votre manière au développement du golf en France, et de contribuer à développer la communauté du golf tout court :-) A bientôt sur SensationsGolf.fr !

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