Et si tout se jouait au premier rendez-vous ?

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C’est en mangeant ce matin une tartine de pâte d’arachides (du beurre de cacahuètes quoi) accompagné d’un thé chaud que cet article m’est apparu. Ou remonté devrais-je dire.

Car chaque petit déjeuner anglais me fait l’effet d’une madeleine de Proust et m’emplit encore et toujours d’une émotion que j’aimerai ressentir toute ma vie.

1985. Je suis adolescent et mes parents m’ont envoyé en Angleterre cet été. Je ne connais pas la famille qui m’accueille mais j’en ai souvent entendu parler. Ma mère y avait passé presque toute une année après le bac, comme jeune fille au pair pour garder les enfants d’Annie et John.
Cette fois, c’est moi qui suis gardé. Un mois. Et les enfants ont bien grandi. David, Jossy et Bizzy.

Golf, thé et jardin anglais

Ma timidité et mon anglais d’enfant de 14 ans français m’empêchent de me sentir à l’aise pour participer à toutes les activités des enfants qui sont plus âgés que moi. Je me souviens du reste que David et Bizzy n’étaient pas souvent cette année. Jossy plus présent.

C’est donc lui qui prenait du temps avec le petit français que j’étais. A jouer au soccer, ce petit jeu de société dont les pions étaient des joueurs de foot sur un socle incurvé que l’on déplaçait à force de pichenettes bien dosées et parfaitement dirigées sous peine de pénalité… A jouer au croquet dans le jardin anglais (mes préférés forcément). A parler beaucoup aussi, tranquillement, avec le sourire comme pour me dire que j’étais chez eux comme chez moi.

D’ailleurs j’étais chez moi. Traité comme un fils. Annie et John étaient avec moi d’une tendresse et d’une gentillesse mémorable. Des amours. Je comprends les liens forts gardés entre ma mère et eux.

Je me souviens encore comme si c’était hier de mes journées à Lewes, entre Londres et Brighton, en pleine campagne anglaise. La vie passait sans heurts et le temps coulait comme un long fleuve tranquille.
C’est cette année que j’ai découvert le golf. A la télévision. En anglais. Mon initiation a commencé avec l’Open Championship. Le Majeur anglais, directement. Une ambiance de folie au Royal St George’s Golf Club, au nord de Douvres en Angleterre. Seulement 4 jours de compétition mais des souvenirs à vie.
Au-delà de la victoire de Sandy Lyle et d’un petit événement survenu au 18e trou, je retiens surtout l’ambiance particulière du golf, le jeu, le fait qu’il se pratique en extérieur, dans le vert. Et que finalement on ne joue qu’entre soi et les autres. Contre personne ni même le terrain.

J’ai adoré dès les premières images le défi de tenter de contrôler cette petite balle avec un club en fer ou en bois pour l’envoyer dans un trou à peine plus grand qu’elle, entre les arbres, le sable et l’eau. Quelle maestria !
Quelle lecture des pentes quand vous croyez que le sol est plat (même si à la télévision on ne se rend pas compte du relief en raison des caméras qui écrasent les perspectives et les distances).
J’ai encore plus aimé la quiétude de ces journées passées dans le canapé, devant l’écran, à regarder des joueurs de golf qui marchaient dans l’herbe et tapaient dans la balle. C’était simple et rien de comptait plus pour eux qu’un roulis et qu’une balle qui tombe. Je ressens aussi des années plus tard, cette connexion parfaite entre ce sport et l’endroit dans lequel je le regardais.

Moi qui admirait les yeux écarquillés, le coeur adouci au milieu d’un pays inconnu et d’une famille étrangement familière, les papilles qui attendaient le rituel goûter de 17h préparé par Annie avec douceur et générosité : des toasts de beurre de cacahuètes, un bon thé chaud et des gâteaux (dont les fameux Oreo).

L’extase. Le golf et le tea time anglais. Un premier rendez-vous avec le golf ancré à tout jamais en moi même si j’y ai joué bien des années plus tard… Un amour fort et fidèle. Comme celui qui me lie toujours à Annie, John, David, Joccy et Lizzy (je vous embrasse mes anglais préférés !).

Pour moi, l’amour du golf est né de ce premier rendez-vous si fort en émotion qu’il en est toujours prégnant. Quand la technique et le climat rendent ce sport si difficile, je m’en remets toujours à cet amour inconditionnel, découvert en Angleterre à l’adolescence, il y a exactement 30 ans. Et le plaisir est plus fort.

Allez, je finis mon thé il refroidit…

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Jérôme Marczak s'est pris de passion pour le golf il y a quelques années. Après une pratique en dilettante et entrecoupée de blessures dues à d'autres sports, il s'oriente depuis 2016 vers le golf de manière exclusive. Fort de son expertise en communication écrite (formé au journalisme et à la communication et comptant 15 ans d'expérience dans le privé, le public et en tant que consultant indépendant), Jérôme Marczak associe l'écriture et le golf dan ce blog pour proposer une vision unique d'un blog de golf : un amateur parmi tant d'autres qui partage sa passion, ses progrès, ses erreurs, ses expérimentations mentales, techniques... Il souhaite avant tout partager sa passion du golf avec les milliers d'autres pratiquants qui s'y mettent eux-aussi en grand nombre ces dernières années et qui tentent de progresser dans ce jeu technique, précis, ludique et tellement enrichissant ! Avec simplicité, humour, envie, et passion. Merci de lire ce blog et de participer à votre manière au développement du golf en France, et de contribuer à développer la communauté du golf tout court :-) A bientôt sur SensationsGolf.fr !

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